IL Y A 4 COURAGEUX EN AQUILONIA !

Zordar réfléchissait en courant ce qui, pour un guerrier, constituait une véritable prouesse . Nombre de ces monotaches bas du front ses seraient proprement cassé la gueule. Il se rendait bien compte que les nains, avec leurs hectolitres de bières dans les pattes n’allient pas pouvoir courir très longtemps. La peur est un bon moteur mais elle ne compense pas toujours le manque d’hygiène de vie. Blanche Neige se rapprochait. Il fallait tenter quelque chose.
— Steppy ! S’époumona Zordar.
— Quoi ? Repondit le druide rouge écrevisse. L’effort n’étant visiblement pas non plus son truc .
— J’ai une idée !
— Aboule et vite !
Ils entendaient désormais le souffle de forge du loup-garou sur leurs talons, Bultex, que Zordar, n’avait jamais vu aussi réveillé de sa vie trébucha puis se rétabli par miracle. Décidément ça urgeait.
— Transforme –toi en loup ! continua le guerrier.
— Pourquoi ?
— Fais-le c’est tout
Le guerrier n’avait pas terminé sa phrase qu’il courait aux cotés d’un énorme loup noir avec d’étranges tresses sur la tête.
— Et maintenant, fais demi-tour.
Le loup jeta un regard sidéré à Zordar. Un regard comme on en voit peu parce qu' il en faut vraiment beaucoup pour sidérer un loup.
— Dépêche-toi bon sang !
Le loup fit volte-face. Torgnialla stoppa net, surprise. Les nains cavalèrent encore quelques mètres histoire de dire puis ils s’activèrent à cracher leurs poumons. Zordar se demandait si son idée était bonne.
Le loup-garou, huma l’air et contempla longuement le loup. Elle poussa un nouveau hurlement terrible auquel répondit un non moins terrifiant hurlement de Steppenwolf, si fort que les feuilles des arbres alentour en tremblèrent. Elle eut l’air interloquée d’avoir trouvé son maître en la matière. Elle s’approcha prudemment du loup et le renifla sous toutes les coutures.
Steppenwolf jeta un regard interrogateur vers Zordar. Ne sachant que faire il avait préféré prendre l’attitude d’un mâle dominant, le queue bien dressée et les babines retroussées.
Zordar lui murmura :
— Essaye de l’embrasser.
Si le loup avait eu un index, il l’aurait posé sur sa tempe et aurait effectué une série de furieuses rotations.
Torgniolla poussait de petits grognements. Ses oreilles étaient penchées vers l’arrière. Steppenwolf gronda puis, alors qu’elle s’était penchée, lui lécha le museau d‘un petit coup de langue.
Zordar, les yeux tournés vers le ciel, faisait mentalement des tas de sacrifices de vierges et de nourrissons ainsi que des promesses à tous les dieux Aquiloniens qu’il connaissait. Il ne sut jamais si son massacre virtuel eut un lien de cause à effet mais d’un seul coup, Blanche Neige fut prise de nouveaux soubresauts. Le loup-garou se tordit à terre en tous sens et en moins d’une minute, Torgniolla était redevenue elle-même.
— C’est pas trop tôt, commenta Rouskaye.
— C’est fini ? Je peux reprendre ma sieste ? demanda Bultex.
A partir de cet instant tout ne fut plus que bonheur et félicité…ou presque. Toute la compagnie se répandit en libations, notamment les nains qui prirent une murgée historique. A tel point qu’ils vidèrent en deux jours toute leur réserve de bière ce qui leur valu de passer les trois mois (avant la relève) les plus atroces de leur vie, à l’eau plate. Zordar, quant à lui, avait préféré s’éclipser au début de la fête pour ne pas arriver à Belianthe avec une tête de déterré. Les foudres potentielles de Lipposuccia ayant joué le rôle d’épée de Damoclès.
Pour le druide et la princesse tout se déroula comme dans un conte de fée à quelques détails prés. Ils furent tous deux surpris au débotté par un amour réciproque et capricieux. Le druide avait notamment du mal à tolérer que Blanche Neige aille égorger des belettes ou des écureuils quand elle avait ses nerfs. De son coté, Torgniolla, bien calmée par rapport à la poudre de Schnouffe, était frustrée par le manque d’ambition de Steppenwolf qui refusait catégoriquement d’aller étriper son frère et lui piquer le trône parce que ce n’était « pas très cool ». A part ça, leur libido se porta à merveille (la hutte du druide fut souvent bien secouée) au détriment des nymphes de Falathorn qui regrettèrent les visites impromptues et très canailles de leur druide préféré.
Et la vieille Dileuse ? me direz-vous. Elle fut tuée à coups de pierres par les elfes de la STUPPE (Service des Tueurs Ulcérés de Producteurs
de Poudres Empoisonnées) qui veillaient au grain. Ce que l’on peut traduire grâce au célèbre dicton Aquilonien par : « Pierre qui croule n’amasse pas de Schnouffe »
FIN
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