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LE MONDE DE ZORDAR

LE MONDE DE ZORDAR

Amateurs de fantasy décontractée de la hache, ce site est pour vous ! Un guerrier impulsif raconte ses aventures délirantes.

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure
Belianthe-matin-vierge.jpg

Voici , pour ceux qui ne l'ont pas lue, l'histoire que j'ai écrite pour le concours de Treize "C'est quoi l'aventure ? ".


   C’était son gilet de laine préféré. Tricoté de manière un peu chaotique par Drabza, il était chaud et ce n’étaient pas les quelques trous que l’on apercevait ici et là qui allaient dissuader Zordar de le porter. Il était idéal pour une sortie en forêt par un matin d’automne frisquet.
 

 

    Tu seras prudent mon biquet, hein ? Lui demanda Lipposuccia.

    Mmm, répondit le guerrier en cherchant sa besace des yeux.

Plumette s’approcha de Zordar, les mains sur les hanches et lui dit :

    Alors mon biquet, on va où ?

    Ouais, bon ça va, arrête ça. Et puis d’abord tu restes ici.

    Non

    Si

    Non

    Si

    Non, je te dis !

    Si

    Lippooooo ! Il y a Plumette qui fait sa tête de cochon !

    J’arrive, répondit l’amazone.

Le problème Plumette réglé, Zordar sortit dans la rue. Il n’avait pas parcouru cent mètres qu’il vit venir vers lui en courant un adolescent blondinet, un rouleau de parchemin sous le bras. Le jeune homme s’arrêta face au guerrier et lui dit tout essoufflé :

    Pff, pff, désolé pour le retard.

    Le retard ? Quel retard ?

    Je suis Kélus Rézibon , reporter à Belianthe Matin. (Il tendit la main)

Zordar la serra en se demandant ce que lui voulait ce Rézibon.

    Vous deviez m’accorder une entrevue, vous vous souvenez ? On avait rendez-vous ce matin a sept heures mais je n’avais plus de plume et…

    Par les rhizomes du Créateur ! J’avais complètement oublié. Je suis bien embêté parce que j’ai une course urgente à faire, je dois aller en forêt.

    Ah ?

Le reporter semblait dépité. Ses épaules s’affaissèrent.

    C’est dommage. D’autant plus  que je suis payé à la pige et…

    Reviens demain fiston !

    Non, demain, je retourne aux petites annonces. C’était ma première entrevue vous savez.

Zordar se gratta la tête. Le pauvre garçon lui faisait un peu pitié avec ses vêtements rapiécés.

    Tu aimes la marche ?

    Euh, vous savez, je viens des montagnes Véreuses, un pays escarpé qui a toujours donné de bons marcheurs !

     Très bien Kélus ! Tu n’as qu’à venir avec moi. On fera cette entrevue en chemin.

    C’est trop gentil m’sieur Zordar !

Ils marchaient d’un bon pas dans les rues encore désertes de Belianthe. Ils abordaient le quartier des Traboules, réputé pour ses coins sombres.

    Alors mon gars, quel est le sujet de ton reportage ?

Kélus déroula son parchemin et sorti une plume de sa poche.

    Le thème c’est l’aventure. Comme vous êtes un guerrier assez connu, je pensais que vous auriez des idées là-dessus. C’est quoi pour vous l’aventure ?

    L’aventure ? Ouh la, une sacrée question !

Zordar finissait à peine sa phrase que trois types a l’air louche lui barrèrent la route. Ils avaient des couteaux et ils n’étaient pas là pour une promenade touristique. Zordar s’avança, pivota et lança son pied qui désarma le premier brigand, il se baissa, évita            nt ainsi le couteau du second, et fracassa la rotule du troisième d’un coup de talon vicieux, en se relevant, il élimina d’un formidable coup de boule celui qui avait tenté de l’embrocher.

    Une chose est sûre c’est qu’en ville, on ne risque rien, la milice fait bien son boulot.

Le guerrier reprit sa marche. Kélus restait bouche bée,  la plume en suspend.

    Alors, tu viens mon petit ?

 

Ils étaient dans les faubourgs de Belianthe. Kélus avait reprit ses esprits et il demanda au guerrier, la voix légèrement chevrotante :

    Je suis tout de même étonné que vous n’ayez aucun arme sur vous.

    En  fait, ça ne se voit pas mais je suis arm…

Tout à coup, plus de Zordar. Une bouche d’égout était ouverte et, absorbé par la conversation, le guerrier était tombé droit dedans.

Kelus se pencha au bord du trou. Un vrai trou noir d’où se dégageaient des effluves innommables.

    M’sieur Zordar ! Hou, hou !

Soudain, un immense vers aux anneaux violacés surgit de la bouche d’égout. Il tenait Zordar dans sa gueule et le secouait comme une salade que l’on essore. Zordar marmonna quelque chose que Kelus ne compris pas et une épée étincelante apparu dans la main du guerrier. Zordar découpa le vers comme un saucisson apéritif, retomba au sol et s’épousseta.

    Allez, on y va parce qu’avec tout ça, on n’est pas en avance !

Kélus était à quatre pattes en train de chercher sa plume qu’il avait jetée dans l’affolement. Il n’en retrouva que des morceaux baignant dans les humeurs nauséabondes des restes du vers géant. Il poussa un gros soupir.

      — Tu as perdu quelque chose, mon petit ?

    Ma plume, mais je crois que j’en ai une autre.

Effectivement, l’entrevue était sauvée. Trottinant derrière Zordar, Kelus posa une nouvelle fois la question :

    Mais ça…ce vers, c’était l’aventure non ?

    Alors là, pas du tout ! C’était juste un problème d’égout mal entretenu. Il faudra d’ailleurs que je le signale au gouverneur Nulthax.

 

 C’est d’un repas frugal (un morceau de fromage et une tranche de pain) qu’ils déjeunèrent en vitesse alors que les plaines situées au sud de Belianthe s’étendaient à leurs pieds. Ils devaient en traverser une partie pour atteindre leur destination : le bois de Guilledou.

   Kélus n’avait pas beaucoup avancé dans son article notamment parce qu’il était tombé à l’eau en traversant une rivière et que son parchemin ressemblait à un torchon douteux. Juste après, ils avaient failli se faire décapiter par une énorme massue, qu’un géant avait lancé par erreur juste au-dessus de leurs têtes, en visant un de ses congénères qui le provoquait non loin. Les deux monstres se disputaient une femelle édentée et sale comme un troupeau de truies. Evidemment, pour Zordar ce n’était pas non plus une aventure mais une simple histoire d’hormones.

  Aidé par un chaud soleil, le parchemin avait séché, Kélus revivait.

Ils apercevaient les premières frondaisons du bois, quand une vingtaine de centaures surgirent devant eux en hurlant. Les hybrides se jetèrent sur une troupe d’orques qui débouchait d’une ravine au petit trot. Leur route était désormais coupée par une bataille féroce et tumultueuse. Zordar ne s’arrêta pas pour autant et, suivit comme son ombre par le jeune pigiste, il traversa la mêlée non sans distribuer au passage quelques coups d’épée bien sentis aux orques. Kélus pleurait de trouille mais il avançait vaille que vaille. Il fut soulagé quand, enfin, ils furent à l’abri dans la forêt.

    Quelle aventure, cette fois, m’sieur Zordar, n’est ce pas ?

Le journaliste souriait de toutes ses dents, il le tenait son article !

    Tu veux parler des orques ? Ils sont si prévisibles ces pauvres crétins. Sans me vanter, je crois que je pourrais les combattre en dormant.

La plume de Kébus était totalement en berne. Il préféra d’ailleurs ranger tout son attirail, devenu désormais inutile. Abattu et confus il suivait Zordar comme un automate. C’est pourquoi il sursauta lorsque le guerrier s’écria :

    Voilà ! Voilà l’aventure !

Kélus ne comprenait rien. Zordar lui désignait le pied d’un arbre. Il s’approcha mais le guerrier lui masquait la vue. Zordar s’agitait, une dague à la main. Un serpent ?  Un lapin mutant ? Qu’est ce que…

    Regarde mon petit ! C’est ça l’aventure !

D’un air triomphant, Zordar lui flanqua sous le nez un gros champignon verdâtre.

— Ca c’est l’inconnu ! Ce matin, Lipposuccia m’a demandé d’aller chercher des champignons pour faire une omelette et le fait est que j’y connais que dalle. Alors c’est vraiment le hasard qui va faire que ce soir, si tout le monde meurt, je vais me faire sacrément engueuler ! Alors…tu ne l’écris pas ton article ?

 

 

Commenter cet article

Roanne 17/02/2008 12:42

Mdrrrrrr ! Je ne mangerai JAMAIS manger d'omelette aux champoux chez Zouzou !

Aduna Fael 12/02/2008 11:16

Chronique d'une journée ordinaire chez Zouzou, superbe, hé hé !!!Et bravo pour la chute !!!Adû

sieglind la dragonne 11/02/2008 10:48

Parce qu'il y en a qui n'ont pas eu ce reflexe ?! Pffff! Grave lacune !!! Bises mon  grand et bonne journée

Présentation

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Le début d’une saga hilarante d’heroïc fantaisiste prévue en 10 volumes. Imaginez un dieu sympa mais pas très doué qui crée Aquilonia, un monde en forme de part de pizza où s'ébattent toutes sortes de créatures : orques, elfes, nains, belettes à dents de sabre, trolls, humains, dragons, krakens hydrophobes... Autant dire que tout le monde ne s'entend pas comme larrons en foire. Au milieu de ce foutoir, un jeune guerrier impulsif, entouré de quelques amis essaie de sortir son épingle du jeu dans des aventures loufoques et rocambolesques. Lecteurs trop sérieux ou femmes trop liftées, passez votre chemin.

Les trois premiers tomes sont disponibles TELECHARGER LES LIVRES.

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