Coucou !

IL Y A  5  COURAGEUX EN AQUILONIA !

Mardi 22 avril 2008
communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve

Ils s’étaient encore perdus. Non pas parce que Zordar fut un mauvais pisteur. Il s’en sortait plutôt correctement. En fait, leurs déboires étaient dus au Groku qui, depuis deux jours, à chaque embranchement tournait obstinément à droite.

    On va finir par tourner en rond, rouspétait Zordar.

    Au moins on a de quoi manger, répondit Plumette.

 

Pour ça, ils étaient largement pourvus, vu que les Poutrollois, reconnaissants comme pas deux, les avaient chargés comme des mules de toutes sortes de victuailles. Cette fois, ce n’était pas Tyrion que Zordar regrettait mais plutôt Ambrosius, et son légendaire appétit qui eut tôt fait de faire diminuer le stock. Le guerrier avait poliment refusé un tonnelet de vin keltoï : il ne connaissait que trop les défauts de cette infâme piquette. Par contre, il avait accepté trois fûts de bière, qu’il avait attaché fermement au Groku.

 Le passage du pont maudit avait été une formalité. Simplement, Zordar, à un moment,  avait semblé voir un halo ressemblant vaguement à Bran Mor’ch lui faire un petit coucou. Il avait passé son chemin en ricanant discrètement dans sa barbe

    Ah, un nouvel embranchement ! S’écria Zordar.

    De toute façon, il va prendre à droite, vers la descente. Dit Plumette en parlant du Groku.

    Pff, en plus, par ici, tout se ressemble, on traverse des landes puis une forêt, encore des landes et on tombe dans une autre forêt qui…

    Bon, ça va, on a compris, peuchère ! L’interrompit Drabza…Tiens ? Le Groku s’arrête. On va en profiter pour se reposer, j’ai les bandelettes en capilotade !

    Ouais, c’est pas trop tôt convint Zordar. Je vais chercher du bois !

 

Quelques minutes plus tard, alors que Zordar revenait tout fier des belles bûches qu’il avait déniché, il assista à une scène qui lui fit lâcher brusquement. son fardeau (Ses pieds n’apprécièrent que modérément ce relâchement) : Plumette dansait une ronde endiablée avec quelqu’un enfin…comme si quelqu’un lui tenait les mains. Parce qu’en réalité, Zordar ne voyait personne. (Drabza était plus loin, elle s’occupait du Groku). La fillette semblait bien s’amuser, son rire emplissait la clairière et le guerrier crut percevoir en arrière plan,  un second rire, plus nasillard. Il resta quelques minutes immobile, les bras ballants (et les pieds en feu) puis demanda  à Plumette :

    Dis donc ma jolie, avec qui tu danses ?

Plumette s’arrêta net. Elle hésita une fraction de seconde entre un air innocent et un air gêné. Et c’est avec le visage d’un ange auquel il ne manquait que les petites ailes qu’elle affirma :

    Mais avec personne mon Zouzou, avec personne. Tu vois quelqu’un ici ?

    Je n’aime pas trop qu’on me prenne pour une buse ! Ou il est,ce farfadet de mes deux ?

    Un farfadet ou ça ? Tu crois qu’il y en a dans le coin ?

    C’est ça, fous-toi de moi ! Tu as de la chance que mes pieds soient inutilisables pour le moment parce que sinon, ils auraient meurtri ton petit derrière !

Le guerrier alla se planter au milieu de la clairière et s’écria :

    Ecoute-moi bien korrigan rimailleur, je ne savais pas que les korrigans étaient si malpolis Pourtant ce matin j’étais prêt à te donner toute notre réserve de miel, on m’a dit que les korrigans en sont fous. Mais devant ton attitude si désagréable à mon égard, je pense que je vais tout garder pour moi. Ca t’apprendra à faire ton mystérieux. Tiens, d’ailleurs, je vais l’attaquer tout de suite le miel !

 

Le feu pétaradait dans la nuit. Drabza racontait à voix basse à Plumette un des innombrables exploits du peuple Chichoune. Zordar pendant ce temps là, attaquait son troisième pot de miel. Autant pour les deux premiers, il y avait été de bon cœur, autant cette fois l’écœurement le gagnait. Il jetait des regards en tout sens en espérant que le farfadet viendrait l’interrompre en le suppliant de lui en laisser. Mais point de korrigan. Il se força à avaler encore deux bouchées puis une violente nausée le prit et il courut jusqu'à un buisson pour vomir. Passons sur les détails.

Au moment où, à genoux,  les yeux injectés de sang, sa tunique ruinée, il reprenait difficilement sa respiration, des pas s’approchèrent. On lui tapota l’épaule. L’air hagard, il se retourna.

Plumette se tenait devant lui. A ses cotés, une petite créature que, dans l’obscurité, le guerrier voyait mal.

— Zordar, je te présente Lirzhin, danseur, chanteur et rimailleur !

 

Suite

 


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