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LE MONDE DE ZORDAR

LE MONDE DE ZORDAR

Amateurs de fantasy décontractée de la hache, ce site est pour vous ! Un guerrier impulsif raconte ses aventures délirantes.

Articles avec #zordar a l'aventure catégorie

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure

 

 

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Face à lui un démon avec une tête qui ressemblait étonnamment à vieille serpillière avec au milieu une énorme gueule remplie des crocs phénoménaux et un corps faisait penser à un tas d’ordure sanguinolent , et , pour ne rien arranger, des tentacules qui sortaient de partout. A ses cotés une terrible momie géante et toute noire. Postum sentait ses jambes se dérober et ses cheveux se hérissèrent tels des pics électrisés.

—    Nous venons chercher un humain qui a osé perturber le royaume des morts. Est-ce toi ? dit le démon avec une voix terrifiante qui agissait comme un fouet dans son esprit, 

—    Moi, euh, non…enfin, si,  mais j’ai pas fait exprès !

—    Comment ça, tu n’a pas fait exprès, peuchère ! Et ce livre là bas ? Il est arrivé la tout seul à pied ? dit la momie noire en montrant l’ouvrage de Lazare.

—    Non, mais…

Le démon agita ses tentacules et fit claquer ses énormes crocs. Postum tremblait de partout tel un pantin épileptique. Le démon sembla grandir encore un peu.

—    Toi qui te passionnes pour le royaume des morts, tu vas aller le rejoindre fissa. Ha, ha, ha ! (on a jamais su pourquoi les démons ponctuaient régulièrement leurs phrases de rires déments) Mais avant ça tu as le droit de boire le verre du condamné. Tiens !

Un tentacule, qui tenait un verre,  vint se placer sous le nez de Postum. Celui-ci le regarda d’un air horrifié.

—    Si j’étais toi je le boirais vite fait, lui conseilla le mort-vivant. Parce si ce démon et sa copine s’énervent, tu vas le sentir passer !

Le regard de l’apprenti nécromancien quitta le verre pour poser sur le mort-vivant puis sur démon et enfin sur la momie qui faisait tournoyer négligemment une énorme masse d’arme hérissée de piquants.. Ca existe des armes pareilles ? se dit-il.

Il pris le verre, inspira un grand coup et,  sans oser regarder son contenu, il le but d’une traite.

L’effet fut immédiat, la pièce disparut et Postum se retrouva dans un sorte de crypte immense remplie de milliers de sarcophages de pierre. Le démon et la momie se tenaient devant l’un d’entre eux.

—    Voilà ta nouvelle maison, dit cette dernière en montrant un sarcophage ouvert.

—    Mais je….

—    Allez zou,  entre avant que t’escagasse ! ajouta-t-elle en levant sa masse d’arme.

Postum s’exécuta. Il se sentait à l’étroit et il se rappela opportunément qu’il était claustrophobe.

—    M’sieur le démon, madame la momie, je regrette, je n’aurais pas du ! gémit –il en pleine panique.

—    C’est un peu tard pour regretter mon gars. Ha, ha, ha ! (vous avez noté ce rie encore ?) répondit le démon qui avait en plus une haleine digne d’un troupeau de chacals.

—    Laissez-moi une dernière chance, je vous en prie, je ferais des travaux d’intérêt général, je…

—    Adieu, mon petit, dit la momie en refermant le lourd couvercle du sarcophage.

—    Nooooon !

 

On avait mis un tonneau de bière en perce. Une bière naine d’une belle couleur ambrée et à la mousse prometteuse. Autour de la table, on riait. La bière n’y était pas (encore) pour grand chose..

—    Ah, la vache, il y avait longtemps que ne m’étais pas autant marré ! déclara Zordar qui essuyait son maquillage de mort-vivant.. Bravo Honorius pour le sort de catalepsie ! Seulement ça fiche un terrible mal de crane.

—    Il faudra que je règle ce petit détail,  dit le vieux sorcier. Moi surtout j’ai admiré le maquillage de Lipposuccia, on aurait vraiment dit que Zordar avait le crâne en bouillie ! Hé, hé, hé !

—    Hé Digger, mollo sur la bière ! s’écria Ambrosius.

—    Désolé, m’sieur Ambrosius, répondit le fossoyeur en se servant tout de même une bonne choppe. Dites, je crois que ce petit gars, il n’est pas prêt de recommencer ! Mais, au fait, il est où ?

—    Dans le placard à balai. dit Zordar. Grâce à la potion d’hallucination qu’il a ingurgité d’une traite, il se croit dans une crypte cet abruti ! On va le laisser mariner un jour ou deux pour marquer le coup.

Drabza fit son entrée dans la pièce principale de l’Esquif, elle avait ôté ses bandelettes noires pour les remplacer par des neuves de sa couleur fétiche,  rose fluo.

—    Oh, fan de Chichoune ! Quelle rigolade les amis ! J’ai cru plusieurs fois que cette caraque de nécromancien allait nous faire une estouffade ! Surtout quand Grolobb nous faisait son rire démoniaque de fada.

—    Coin, répondit le démon qui avait repris son allure canardesque.

—    En tout cas, fit Zordar, moi je n’ai pas peur de la mort mais je ne veux juste pas être là quand ça arrivera !

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure

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 Au beau milieu de la nuit, le vent n’avait pas cessé de souffler, oh, ça non ! Et lorsque le jeune homme passa la tête au-dessus du mur du cimetière pour voir si la voie était libre, une branche d’arbre vint lui fouetter le visage.

—    Bon sang, c’est pas vrai ! J’ai failli avoir l’œil crevé !

 D’un œil, il scruta les environ et il fut satisfait, la chasse pouvait commencer.

 

Le cadavre qu’il avait choisi semblait bien frais mais il pesait aussi lourd qu’un âne mort. Il progressait en chancelant dans les rues désertes de Bélianthe et il s’engouffra dans une grange abandonnée. Il descendit dans une sorte de cave, ouvrit une lourde porte et entra dans son antre.

Le corps, allongé sur une table,  était celui d’un homme jeune et costaud qui visiblement avait eu le crâne défoncé à l’aide d’une hache achetée en solde qui possédait un tranchant d’environ 37.5cm et d’un poids de 5.3 kg. Le coup avait été porté de haut en bas par un gaucher et….mais qu’est ce que je fais ? Se dit le jeune homme au visage décharné, je ne suis pas médecin légiste !

—    Je suis un nécromancien en devenir ! s’écria-t-il. Voilà ce que je suis ! Ces crétins de l’école de magie apprendront à me craindre, moi Postum, le digne neveu de Brucsel !… Bon,  révisons la formule.

Il ferma les yeux et psalmodia d’une voix emphatique :

Finitis morgulis passemoilereglis…

     — Merde, c’est pas ça du tout !

Il se concentra à nouveau.

Tagada tagada voilalédaletonne

—    Fait chier, je mélange tout ! Autant prendre carrément le bouquin.

Postum attrapa un gros volume sur une étagère. Il l’avait dérobé dans la bibliothèque de l’école de magie et il n’en était pas peu fier. Il s’agissait du fameux ouvrage de Garçin Lazare le maître de la nécromancie, un exemplaire unique intitulé : « La nécromancie c’est mieux que la pharmacie ». Ils sont pas prés de le trouver ces cons là ! songea le jeune homme. Il feuilleta un moment et finit par tomber sur la bonne page : les premiers pas.

Quand il repensait à ses premiers essais il souriait, les trois premiers cadavres n’avaient pas bougé d’un pouce, quelle déception ! Et puis progressivement, avec les suivants,  des mouvements étaient apparus. Le dernier en date avait même ouvert les yeux ! Postum avait eu un peu la pétoche mais il avait néanmoins jubilé : il était sur la bonne voie.

Celui de ce soir au moins ne sentait pas trop la charogne, non, Postum reconnut comme un vague relent de bière.

—    Reprenons !

Mortis terminus finitus rigolus situo patelevus garatonanus

 

Postum regardait le cadavre avec attention mais celui ne semblait pas décider à bouger. Il avait du se planter en lisant la form…Soudain le mort s’assis brusquement et ouvrit les yeux ! Ca y était ! Le triomphe était proche ! Le macchabée se leva en se massant les tempes. Il marmonna quelques chose comme « putain ce mal de crâne ! » mais Postum n’en était pas sûr. Etait-ce là les paroles que prononçaient les cadavres revenus à la vie ? Il farfouilla frétillement dans son livre ) la recherche d’une réponse. Que devait-il faire à ce stade de son expérience ? Le mort qui l’ignorait superbement tout en faisant des flexions de jambes marmonnait encore « La vache, j’ai de ces crampes ! ». Postum, son cœur battant la chamade,  lança au hasard :

—    Euh, couché, allez, couché !

Loin d’aller se recoucher le mort-vivant se tourna vers lui et lui dit d’une voix éraillée :

—    Alors comme ça, on veut faire le rigolo avec des cadavres, hein ?

Le jeune nécromancien chiffonnait en tous sens et en pure perte les pages de son livre fétiche.

—    J’ai pas fait exprès m’sieur le mort-vivant, je vous jure !

Celui-ci lui lança un regard terrifiant et lui ordonna :

—    Va donc ouvrir la porte, et dépêche-toi !

—    Comment ? Quoi ? Euh, oui tout de suite m’sieur le zombi !

Comme un jeune lapereau affolé il courut à la porte et l’ouvrit en grand. A ce moment là son cœur essaya de se faire la malle en passant pas sa gorge mais il échoua et retourna en boudant dans sa cage thoracique. Postum défailli, il venait d’ouvrir la porte sur l’antichambre des enfers…

 

 

 

A suivre

 

 

 

 

.

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure

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Lorsqu’il fit son entrée dans l’Esquif, Ambrosius fut légèrement surpris de trouver Zordar plongé dans la lecture d’un parchemin. La lecture, c’était pas son genre. Il fut très vite rassuré quand il vit que son ami était en train de dévorer « Guerrier mag » qui permettait aux combattants de se tenir au courant des derniers progrès techniques et faisait d’intéressantes études comparatives entre différentes armes grâce à de sérieux « bancs d’essais ». (On frappait violemment sur un banc et on notait le résultat). Les nains d’essais ayant été interdits depuis quelques années.

    Alors Zord, quoi de neuf ?

Le guerrier leva les yeux de sa lecture.

    Le prix des épées vorpales a chuté de manière spectaculaire ! Si j’ai bien compris l’article, c’est une question de cours des marchés des métaux ou un truc dans le genre. Tu viens pour le dîner ? Parce qu’il est encore tôt là !

    Non, non, pas du tout. Protesta Ambrosius. Je viens te voir parce qu’un de mes amis aurait besoin d’un coup de main.

    Un de tes copains pochetrons ?

    Mais non ! Pas du tout ! C’est Digger le fossoyeur.

    C’est bien ce que je disais !

    Il se passe de drôles de choses au cimetière nord en ce moment. Mais je crois qu’il t’expliquera mieux lui-même. Il attend dehors, il peut entrer ?

Zordar soupira et enroula à regret son parchemin.

    Bien sur ! Mais ça a intérêt à valoir le coup !

Après être rentré et s’être excusé au moins dix fois pour le dérangement, Digger, qui n’avait effectivement pas une tête à sucer de la glace, raconta son histoire. Il s’avérait que depuis un mois des tombes avaient été ouvertes et des corps avaient disparus. Le fossoyeur précisa d’un air outragé qu’il était d’ailleurs tombé par mégarde deux fois au fond d’une sépulture ! Il devait être pété comme un nain qui fête son premier poil de barbe  , pensa Zordar qui se retenait de rire.

    Hé bien ça demande vérification, dit le guerrier en enfilant son manteau pendant que Digger sortait des « merci, merci » à n’en plus finir.

Il faisait un froid de canard car le cimetière était situé sur une colline très venteuse. Digger, suivit de Zordar et d’Ambrosius, déambulait parmi les tombes en leur montrant du doigt les sépultures profanées.

    Tenez ! Encore une là ! C’était cette pauvre Mollie une formidable danseuse unijambiste qui est morte le crane fracassé en voulant faire le grand écart.

    Fichtre ! Lâcha Zordar.

Les pillages avaient commencé par un corps la première semaine, deux la seconde et quatre les deux dernières. Le profanateur devenait gourmant en cadavres et il prenait toujours de la marchandise bien fraîche : c’est à dire des corps enterrés depuis quelques jours seulement.

    Il n’y a pas de goules dans le coin ? Demanda Zordar.

    Non, je ne crois pas, répondit Ambrosius. Et puis les goules, elles consomment sur place. On aurait retrouvé au moins quelques morceaux .

    Mmmm, fit Zordar en se demandant si, finalement, il n’allait sauter son prochain repas.

Digger secouait la tête, l’air désespéré.

    Mais ça peut pas durer m’sieur Tordar ..

    Zordar

    Oui, c’est ça. J’aime mon travail et on me fiche tout en l’air ! C’est pas moral ça ! Je suis tellement chamboulé que si ça continue, je vais devenir alcoolique !

Tu parles ! Pensa le guerrier. Il réfléchit un moment puis lâcha :

Je crois savoir comment on va coincer ce fêlé !

 

 

Suite

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure
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   Pas loin d'une centaine de fêtards étaient entassés dans la grotte. Effectivement, le soi-disant fameux Sancho Valdez était bel et bien venu avec trente musiciens. Ces instruments comprenaient principalement des percussions de toutes tailles mais aussi des trompettes et des tas d'autres instruments en cuivre que Sangrenelle n’avait jamais vus. Un orage estival carabiné n’aurait pas fait plus de bruit que les Trente Patatas déchaînés. A leur décharge, Sangrenelle reconnaissait qu’ils étaient plutôt bons et que la Salaça était une musique pour le moins entraînante. Dans son ancienne vie de débauche, il aurait sûrement apprécié et, sous ses yeux ébahis,  il surpris même son pied gauche en train de battre la mesure. Le traitre !
      Durant la soirée, il avait vu des choses étonnantes comme une momie géante et rose fluo qui dansait avec une fillette ou encore une amazone nommée Epila se trémousser face à une sorte d’homme yack. Il avait vu également un colosse aux allures de prêtre créer de petits cubes de glaces et les proposer pour rafraîchir les boissons. Une troupe de nains campait prés de la pompe à bière qui paraissait d’ailleurs inépuisable. Plus tard dans la soirée un barbare aux bras transparents avait remporté un concours de bras de fer. Et  puis un barde avec une drôle d’allure avait rejoint les Burritos pour comme il avait dit « se taper un bœuf d’enfer », ce barde étonnant jouait de tous les instruments comme un dieu.
 

   Sangrenelle avait tout essayé pour échapper à ce cauchemar. D’abord, le repli quand il s’était bouché les oreilles et avait fermé les yeux en se disant que dans quelques minutes tout serait fini. Mais pas du tout puisque minuit était passé depuis longtemps et que la fête battait toujours son plein. Dans sa tête, toute trace de cube avait disparu, remplacée par un magma informe. Ensuite il avait tenté les menaces.

    Monsieur Zordar ! Je vous prie ainsi que vos amis de sortir immédiatement de ma grotte !

    Quoi ? J’entends rien…la musique… vous comprenez !

    J’aimerais que vous partiez ! Avait-il hurlé.

    Vous avez mal aux pieds ? Allez donc voir mon ami Ambrosius il va vous régler ça en moins de deux !

          Je…oh, et puis laissez tomber !

 

  A un moment, alors que l’aube pointait,  il avait pris la décision de planter tout le monde là mais,  à l’instant ou il franchissait le seuil de sa grotte, il entendit Zordar dire :

 

 

    La vache les mecs, je suis claqué ! C’était une sacrée fête de la musique ! Et si on rentrait ?

 

 

 

   Depuis, Sangrenelle errait sans rien faire de précis, sans idée, son magma-cerveau n’était pas très productif. Sangrenelle regardait d’un œil morne la pile (parfaitement rangée) de pintes de bières vides (mais propres). La pompe à bière derrière son bar.

 

« On vous la laisse, on ne sait jamais ça peut vous servir un jour. » Avait dit le guerrier.

 

 Zordar n’avait pas menti, ils avaient tout rangé. Sangrenelle possédait maintenant quatre vingt assiettes et autant de couverts. Ils avaient aussi laissé un bœuf entier sur sa broche. Il avait pourtant dit au magicien « Mais je suis végétarien ! ». Sûrement un poil trop tard car celui-ci avait déjà disparu.

 

L’ermite, complètement vidé et avec des bruits de trompettes dans la tête s’assis en position de Homard Simplifiée.  Sans trop y croire, il pensa très fort à son cube. Après de longues minutes infructueuses, il arriva à un résultat satisfaisant. « Victoire ! » Pensa-t-il. Pourtant une pensée, une pensée bien précise  pénétrait dans le cube et prenait toute la place. Il tenta de la faire sortir mais rien à faire, le cube était pollué. Alors Sangrenelle décréta qu’il n’y avait qu’une solution. Il se leva,  s ‘approcha du bar et … se servit une bière bien fraîche.

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure
 
 

    Avant d’ouvrir les yeux, il resta sans bouger. Il aimait faire ça tous les matins pour apprécier le silence. Un silence par moment  si épais qu'on pouvait presque le palper. Ce matin là, il n’entendait qu’un faible chant d’oiseau dans le lointain.

 

    Il se leva pour faire redémarrer le feu puis il se fit bouillir de l’eau pour son infusion matinale. Il mangeait peu, il vivait de ses maigres cueillettes et des légumes que lui offraient les villageois quand ils passaient prés de sa grotte.

 

    Il aimait beaucoup sa grotte, il avait mis du temps à la trouver : isolée, spacieuse, bien aérée et proche d’un point d’eau. Mais ce qui lui remplissait le cœur de ravissement c’était la vue splendide qu’il avait sur la vallée.

 

    Son frugal petit déjeuner terminé, il se mit en position de crabe inversée que lui avait apprise son maître et commença sa méditation. Celle-ci consistait à imaginer un cube transparent et de tenter d’y faire le vide en chassant toutes les pensées. Une fois le cube vide, la Grande Félicité était proche. L' aprés midi, il avait prévu de faire une meditation philosophique sur " Vivre sale est -il une dépravation ?"

 

    Un crissement au dehors fit entrer dans son cube tout un tas de pensées en vrac. Il pesta en se disant qu’il en avait pour des heures à tout vider. Il reprit son exercice mais les pensées telles que « Qui peut bien venir ici ? » ou « Est ce que quelqu’un m’apporte à manger ? » avaient du mal à sortir.

 

    Un bruit de pas se fit entendre tout prés de l’entrée. Un flot de pensées s’engouffra dans le cube comme une pinte de bière dans la gorge d'un nain.

 

   « Cette fois c’est terminé » pensa l’ermite. Il se leva pour aller voir. Un homme, jeune,  brun aux cheveux longs et aux allures de guerrier inspectait la grotte avec intérêt.

 

    Ca m’a l’air parfait, dit-il en s’adressant à quelqu’un derrière lui. C’est assez grand et bien aéré.

 

    Tu as raison, je vais aller prévenir les copains, répondit son interlocuteur en entrant dans la grotte. Il avait de drôles de cheveux blancs,  dressés en épis sur la tête. Ca va être génial !

 

Sur ce dernier mot, il disparut.

 

L’autre arpentait maintenant la grotte en marmonnant et en faisant de grands gestes.

 

 

 

    Monsieur ? Monsieur ? Appella l’ermite.

 

    Hein, quoi ? Ah, bonjour, je suis Zordar. Terrible, cette grotte, terrible.

 

    Terrible ? Marmonna l’hermite. Mais terrible pour quoi ?

 

    Hé bien, euh, vous allez voir ! Mais ne vous inquiétez pas, on nettoiera tout après !

 

   Dans le cube, de sombre nuages noirs s’accumulaient. Ce « après » n’ était pas de bonne augure.

 

    Le type aux cheveux blancs apparu brusquement en faisant sursauter l’hermite.

 

    Salut vieux, moi c’est Mikhalar et toi ?

 

    Sangrenelle.

  Tu es une sorte d'ermite c'est ça ?

Sangrenelle hocha la tête.

  C'est exactement ça. Après une vie dissolue je suis venu ici il y a dix ans pour expier et ..

 

    Ouais, d’accord Sangri, c’est cool, je peux t’appeler Sangri ?

 

    Je ne …

 

    Bien !

 

Mikhalar s’adressa à Zordar.

 

   Ambrosius arrive avec toute la troupe et les Burritos ont accepté de jouer ce soir.

 

    Les Burritos étaient un peuple du sud d’Aquilonia qui portaient des chapeaux à larges bords. Ils passaient la journée à dormir aux pieds des nombreux cactus qui poussaient dans leur pays et le soir, ils faisaient des fêtes titanesques dans une ambiance musicale torride.

 

    Le pauvre ermite ne savait plus par quelle question commencer. Il n’arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes. Il se raccrochait au mince espoir que tout cela n’était qu’un cauchemar ou une hallucination due au manque de nourriture. Il ne fut pas déçu.

 

    Celui qui s’appelait Mikhalar fit un rapide geste et un bar apparut au fond de la grotte, il fut suivit d’une pompe à bière puis d’une énorme cheminée ou un bœuf de belle taille rôtissait.

 

    L’odeur semblait bien réelle puisque son estomac gargouilla lâchement sans autorisation. Il pensa à son maître et à ce qu’il aurait fait dans une telle situation. Il aurait probablement salué poliment les opportuns et repris sa position de crabe inversée pour se replonger dans sa méditation. Mais son maître n’aurait pas eu un tas de questions qui lui brûlaient la langue.

Il s'approcha du guerrier qui était occupé à remplir une rangée de chope de bière. A vu d'oeil, il y en avait bien une cinquantaine. Dans le cube, un orage se préparait.

    —Hum, dites, monsieur Zordar.

    — Oui ? 

    Qui sont ces Burritos ?

 

 

    Mon ami, vous avez une chance unique parce que ce soir, dans votre grotte, après dix ans d’absence, Sancho Valdez et ses Trente Patatas vont jouer leurs meilleurs morceaux de Saleça. Ca va déchirer son troll, je vous le dis mon vieux !

 

Ce qui était sûr, c’est que ce n’était pas à cause du jeun que Sangrenelle se sentit faible et qu’il préféra s’asseoir.

 

 

Suite

Publié le par zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure

 

 

Le ptigah souffle , son visage se crispe sous l’effort et enfin la bouche d’égout se soulève.

   -Vous ne vous casseriez pas à m’aider non ? demande-t-il à ses trois compagnons. Il ne peut voir leur visages à cause des cagoules mais il devine leurs expressions irritées.

Devant le silence pesant , il décide de se débrouiller seul. Il déplace en soufflant la plaque de fonte et se faufile dans le trou. Sa voix résonne lorsqu’il demande.

   -Foutreplanche , vous me suivez oui ou merde ?

Les trois autres descendent à leur tour dans le cloaque de Bélianthe.

Une fois en bas , ils ôtent tous leurs cagoules. Le grand costaud s ‘exclame :

  -Ouf, j’ai cru étouffer là-dessous ! Ca fait du bien de respirer un grand coup.

   -Tu sais , Ambrosius, remarque un jeune homme aux cheveux blancs en épis , vu l’odeur ambiante , on ferait peut être mieux de les garder ces cagoules.

   -C’est ça , dit le troisième , pour se casser la gueule dans l’eau ? Non merci ! Je ne sais pas qui a fait les trous mais ils ne sont pas en face des yeux , j’y voyais que dalle !

   -Hum…ben…c’est moi qui a fait les trous , répond le ptogah l’air confus. Désolé Zordar.

Le guerrier lache, les dents serrées :

   -Hé bien , décidément ce n’est pas ton jour mon pauvre Tyrion.

   Le ptigah qui n’est pas télépathe sait qu’ à la fin de sa phrase Zordar pensait à, « pauvre naze » ! C’est vrai que s’ils sont là , dans les égouts, en fuite , en pleine nuit c’est à cause de lui.

Le reste du trajet jusqu'à l’Esquif personne ne s’adresse la parole. Tyrion  préfère ça , pourtant, il sent qu’une fois arrivés ça va être sa fête.

  Pendant que les fuyards parcourent les égouts , une patrouille du guet s’approche d’un chariot baché qui est arrêté en plein milieu de la rue du palais. Les soldats sont intrigués parce qu’apparemment le chariot est plein de marchandises mais  il n’y a personne dedans pour surveiller.

Pour la deuxième fois de la soirée , le hobbit soulève une plaque d’égout , et pour la deuxième fois de la soirée les autres le laissent se dépétrer tout seul..

   -C’est bon les gars , l’Esquif est à cinquante mètres.

   -Heureusement pour tes fesses , grogne Zordar.


Le capitaine du guet à retiré une caisse du chariot abandonné et commence à l’ouvrir avec un pied-de-biche.


 Comme Tyrion le redoutait , à peine la porte de l’esquif refermée Mikhalar se lache :

   -Du tout cuit , les mecs ! On pique le chariot et en cinq minutes on est rentrés ! Tu pensais faire enrager  cet escroc de Brucsel en lui piquant une livraison mais conclusion, si quelqu’un apprend ce qui s’est passé on va passer pour des branquignols ! Je ne sais pas d'ou vient la réputation des ptigahs malins mais elle est bien faisandée !

   -Des objets magiques à foison , un plein chariot , tu parles, renchéri Ambrosius. Encore heureux qu’on a tué personne !

   - Un super tuyau de première bourre que je vous dis , enrage Zordar. Et si un jour Lipposucia l’apprend, elle va me faire vivre un enfer !

Tyrion , la tête basse,  pense aux quantités de tord-boyau qu'il va lui falloir pour oublier cette soirée..

 

 Le bois craque, dévoilant des rangées de flacons. Le capitaine en prend un et lit sur l’étiquette : « CLISH - Potion de soin contre la constipation ».

Publié le par zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure


Un Zordar au saut du lit n’est pas un spectacle très folichon. Les cheveux hirsutes , les yeux gonflés , l’air hagard voilà ce que Mikhalar peut voir lorsqu’il entre sans frapper dans la chambre de son ami. Juste après, il peut apprécier l'haleine de troll putréfié de son ami. Sous le choc, il arrive tout de même à dire :

   -Zordar , Zordar , j’ai une grande nouvelle !

   - Tu as acheté une robe de mage neuve ?

    - Quoi ?

  - Euh…parce que , euh, disons que tu as des rapports très lointains avec la lessive..

   - Je ne ferais pas de commentaires. Il ne s’agit pas du tout de cela. En fait je viens d’inventer un nouveau sort.

   - Tiens donc ! Et il fait quoi ? Il extermine , il vaporise, il brûle ou bien il fait apparaitre des vestales nues et consentantes ?

   -Pas tout à fait , en fait,  tu auras la surprise.

   -Quand ?

   -Bien assez tôt.

Quelques jours plus tard , alors que le soleil prend ses quartiers de nuit sur Belianthe , on assiste à une soirée assez animée à l’auberge « Au pied quelque part ».

Tout commence lorsque Zordar , un tantinet maladroit,  dit au chef des mercenaires barbares :

  - Ta gueule pue autant que le cul d’un orque !

   Bien évidement , on en est venu rapidement aux mains puis aux pieds , aux tabourets , aux serveuses , aux tonneaux et enfin aux tables. Zordar est submergé par une meute de barbares déchaînés et enragés. Il jette un œil (le non-poché) vers Mikhalar et lui demande :

  -Espèce de feignasse, tu ne fais rien ?

Le jeune magicien aux cheveux blanc en épis ( et à la robe douteuse) se contente de sourire et de faire une incantation.

Alors , le barbare le plus proche de lui voit apparaître un tête devant son visage . Cette tête ressemble trait pour trait au guerrier impulsif. Elle est coiffée d’un casque et elle ricane en faisant « hé, hé , hé ». Le barbare surpris ne sait que faire. La tête recule ,comme pour prendre de l’élan puis « boum » , elle percute la tête du barbare qui s’écroule assommé.

Elle apparaît ensuite devant un autre mercenaire , fait de nouveau «  hé, hé , hé » et anéantit violemment son nouvel adversaire.

La scène se répète une douzaine de fois . Certains barbares tentent bien de l’éviter mais la tête les suit partout en ricanant et finit par les abattre à leur tour. Si bien qu’à la fin les adversaires du guerrier gisent tous à terre avec chacun une énorme bosse sur le front.

Mikhalar, ravi, va relever son ami qui avait glissé dans une flaque de vomi et lui dit :

-Pas mal mon sort de « Tronchacier » non ?

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure

 

 

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    Zordar s'était réveillé en sursaut pour constater que Lippo n'était plus à ses cotés. Il tâta. Les draps était froids. L'amazone devait être levée depuis un moment.

  Dans la Cale, Drabza, Trois-Chicots, Plumette et Pinoche prenaient leur petit déjeuner. Mikhalar ,assis dans un coin, lisait un grimoire en regardant Zordar d'un air amusé. Le guerrier alla se servir un bol de bouillon.

     - Ou est Lippo? Demanda-t-il. 

     - Partie casser de l'orque avé ses frangines pardi ! répondit Drabza. 

     - Quoi ? S'écria le guerrier en renversant son bol. 

     - Elle ne t'as rien dit mon pôvre ? 

     - Faut croire ! Encore ses histoires de besoin d'exercice pour ne pas se ramollir. 

Alors qu'il épongeait la table sous le regard désolé des autres, le guerrier pâlit.

     - Ou sont les jumeaux ? 

     - Avec elle, peuchère ! 

   Zordar envoya une belle bordée de jurons. Trois-Chicots se dépêcha de boucher les oreilles de Pinoche tandis que Mikhalar souriait de plus belle. Le guerrier s'équipa à toute allure en demandant à la momie des précisions sur l'endroit ou sa belle s'était rendue. Personne d'autre n'osait parler. C'est sans dire au revoir qu'il claqua la porte de l'Esquif.

     - Qu'elle cagade, gémit Drabza. 

Juché sur un hippogriffe emprunté à Yakavolé, Zordar scrutait les collines de Ferbreka ou les amazones était sensées patrouiller. Il avait une boule au ventre en pensant au sort que des brutes d'orques pourraient réserver à ses jumeaux chéris.

     - Nom mais elle foldingue, complètement foldingue ! pestait-il entre ses dents.

    Soudain, il les vit : sept cavalières qui poursuivaient une vingtaine d'orques en déroute . Zordar était trop haut pour voir les jumeaux mais il souffla de soulagement. Il n'y avait pas de danger et le combat n'allait pas durer. Il fit virer de bord son hippogriffe pour une lente descente. Ce faisant, il perçut un mouvement dans son champ de vision. Non ! Pas ça ! Une masse d'une centaine d'orques accourrait vers les amazones. Elles ne pouvaient pas les voir, cachés qu'ils étaient par un gros bosquet; elles fonçaient dans le piège tête baissée.

    Cette fois hippogriffe passa en mode piqué. Zordar ne prit même pas le temps d’atterrir, il fit un roulé boulé, hurla « A moi Sadantagueule ! » et chargea les monstres sous le regard éberlué des sœurettes. Pourtant, la quantité d'orque était telle que Zordar ressentit la même chose que le baigneur insouciant qui se prend une vague de dix mètres en pleine poire. Il fut submergé, piétiné et à moitié assommé. Il ne dut la vie qu'au fait de tomber dans un fossé, recouvert de poussière et de se retrouver ainsi hors de vue de ses ennemis. Il s'ébroua et fut comme piqué au fer rouge quand il entendit le cri de détresse des amazones :« repli, repli ! »

   S'aidant de son épée , Zordar s'extirpa de son fossé en paniquant. Il s'imaginait des scènes horribles a base de bouillie de bambins.

    A nouveau sur le champ de bataille, il chercha des yeux le cœur du combat. Il régnait la plus grande confusion; des amazones galopaient en tous sens, entourées d'orques qui se bousculaient pour les frapper. A travers la poussière il vit avec horreur, Lippo encerclée par une dizaine de monstres. Les jumeaux, étaient chacun dans un panier, juste derrière Lippo. Il pleuraient à pleins poumons. Elle cabrait sa monture pour les éloigner tout en faisant des moulinets avec son épée. Une bonne tactique mais, à un moment, son cheval trébucha et retomba lourdement sur ses antérieurs. C'est là que deux guerriers armés de massues en profitèrent pour pilonner les panières des bambins.

   Les jambes de Zordar se dérobèrent et il tomba à genoux en hurlant de désespoir.

    Il pleurait, la tête dans les mains en ne prêtant plus attention à ce qui se passait. Puis, à travers l'hébétude dans laquelle le drame l'avait plongé, il entendit Lippo crier.

     - Zordar, qu'est ce que tu fais ? viens m'aider, vite !

   Merde, Lippo, pensa le guerrier en bondissant sur ses pieds. Il fonça dans le tas et fit de la charpie des orques qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin.

     - Ah ben c'est pas trop tôt, lui lança l'amazone furieuse. Mais qu'est ce que tu as ?

   Zordar ne la regardait pas, l'air ahuri, il fixait les paniers ou … ses enfants intacts, l'observaient en retour. Le type échevelé, couvert de poussière et de sang de la tête aux pieds leur semblait familier.

     - Papa ? Fit Kharib.

     - Mais...mais...mais comment ? Parvint à articuler le guerrier.

     - Une bulle d'invulnérabilité, tout simplement, fit une voix derrière-lui.

     - Mikhalar ? Mais...

Le guerrier avait du mal à s'habituer a l'idée de la téléportation et au fait que son ami pouvait surgir n'importe où, n'importe quand.

     - Tu te souviens de la première fois ou on avait rencontré Vaniar et ses oiseaux ? Hé bien j'ai amélioré le concept et j'ai réussi à faire des bulles individuelles. Bien sûr elles ne durent pas éternellement mais ça marche ! La preuve !

     - Sinon, je n'aurais jamais emmené les enfants, intervint Lippo. Tu me prends pour une foldingue ou quoi ?

     - Bien sûr que non mais...

     - Pour ma part, dit Mikhalar, je voulais juste vérifier si tu gardais la forme. Tu sais, quand je serais roi, tu dirigeras ma garde d'élite, alors il vaut mieux que tu sois en forme, non ?

   Zordar ouvrit la bouche, la referma, serra les dents très fort, rougit puis pâlit puis passa par différentes couleurs dans un joli camaïeu. Soudain il poussa un hurlement à rendre jaloux le plus abominable monstre d'Aquilonia. Il brandit son épée et  partit, toujours hurlant, droit devant lui en direction des orques qui se battaient encore avec les amazones.

Deux heures plus tard, Lippo, qui nourrissait ses bambins, vit revenir Mikhalar qui était parti aux nouvelles.

     - Alors ?

     - Il a tué tous les orques, c'est sûr et tes sœurs sont saines et sauves.

     - Mais il en restait au moins cinquante ! Et ou est-il maintenant ?

   Le magicien soupira.

     - Parti couper du bois dans la forêt. Je crois qu'on y est allé un peu fort sur les émotions. A mon avis la forêt n'en a plus pour longtemps. Ce qui me console c'est qu'on est sûrs que Zordar pète la forme.

     - Moi je dirais la même chose que Drabza dans une telle situation.

     - Ah bon ? Et quoi ?

     - Quelle cagade !

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Publié le par zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure



 

Dans la famille Érassion on est escrocs de pères en fils et même de pères en filles puisque c’est la petite dernière, Maud qui vient d’arnaquer Zordar. Il a perdu 30 pièces d’or a une sorte de bonneteau. Il fulmine et boude dans un coin de l’auberge Le Fût Migène.

 

Tyrion, lui est ennuyé car Maud est une bonne amie à lui. Faisant partie du peuple des Ptigahs et originaire du village voisin, ils se sont retrouvés entre « pays » à Belianthe. Il se lève et va voir le guerrier qui rumine en regardant sa chope de bière.

   —  Allez Zord, viens ! Ne restes pas dans ton coin. Tu sais dans sa famille, ils sont tous comme ça a essayer d’escroquer les gens, mais au fond ils ne sont pas méchants.

    Non , laisse-moi ! Bougonne Zordar

    Je lui ai parlé, elle te propose de prendre un verre de réconciliation.

    Je te dis non ! Tu te rends compte, 30 pièces d’or ! La garce.

    Allez mon vieux , fais un petit effort !

 

Alors tout à coup, Zordar se lève et s’écrie à la cantonade :

    Il est hors de question que je boive avec Maud Érassion !

 

Il balance sa chope contre le mur et s’en va en claquant la porte . Comme quoi les réputations se batissent sur des malentendus !

Publié le par Zordar
Publié dans : #Zordar à l'aventure
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Voici , pour ceux qui ne l'ont pas lue, l'histoire que j'ai écrite pour le concours de Treize "C'est quoi l'aventure ? ".


   C’était son gilet de laine préféré. Tricoté de manière un peu chaotique par Drabza, il était chaud et ce n’étaient pas les quelques trous que l’on apercevait ici et là qui allaient dissuader Zordar de le porter. Il était idéal pour une sortie en forêt par un matin d’automne frisquet.
 

 

    Tu seras prudent mon biquet, hein ? Lui demanda Lipposuccia.

    Mmm, répondit le guerrier en cherchant sa besace des yeux.

Plumette s’approcha de Zordar, les mains sur les hanches et lui dit :

    Alors mon biquet, on va où ?

    Ouais, bon ça va, arrête ça. Et puis d’abord tu restes ici.

    Non

    Si

    Non

    Si

    Non, je te dis !

    Si

    Lippooooo ! Il y a Plumette qui fait sa tête de cochon !

    J’arrive, répondit l’amazone.

Le problème Plumette réglé, Zordar sortit dans la rue. Il n’avait pas parcouru cent mètres qu’il vit venir vers lui en courant un adolescent blondinet, un rouleau de parchemin sous le bras. Le jeune homme s’arrêta face au guerrier et lui dit tout essoufflé :

    Pff, pff, désolé pour le retard.

    Le retard ? Quel retard ?

    Je suis Kélus Rézibon , reporter à Belianthe Matin. (Il tendit la main)

Zordar la serra en se demandant ce que lui voulait ce Rézibon.

    Vous deviez m’accorder une entrevue, vous vous souvenez ? On avait rendez-vous ce matin a sept heures mais je n’avais plus de plume et…

    Par les rhizomes du Créateur ! J’avais complètement oublié. Je suis bien embêté parce que j’ai une course urgente à faire, je dois aller en forêt.

    Ah ?

Le reporter semblait dépité. Ses épaules s’affaissèrent.

    C’est dommage. D’autant plus  que je suis payé à la pige et…

    Reviens demain fiston !

    Non, demain, je retourne aux petites annonces. C’était ma première entrevue vous savez.

Zordar se gratta la tête. Le pauvre garçon lui faisait un peu pitié avec ses vêtements rapiécés.

    Tu aimes la marche ?

    Euh, vous savez, je viens des montagnes Véreuses, un pays escarpé qui a toujours donné de bons marcheurs !

     Très bien Kélus ! Tu n’as qu’à venir avec moi. On fera cette entrevue en chemin.

    C’est trop gentil m’sieur Zordar !

Ils marchaient d’un bon pas dans les rues encore désertes de Belianthe. Ils abordaient le quartier des Traboules, réputé pour ses coins sombres.

    Alors mon gars, quel est le sujet de ton reportage ?

Kélus déroula son parchemin et sorti une plume de sa poche.

    Le thème c’est l’aventure. Comme vous êtes un guerrier assez connu, je pensais que vous auriez des idées là-dessus. C’est quoi pour vous l’aventure ?

    L’aventure ? Ouh la, une sacrée question !

Zordar finissait à peine sa phrase que trois types a l’air louche lui barrèrent la route. Ils avaient des couteaux et ils n’étaient pas là pour une promenade touristique. Zordar s’avança, pivota et lança son pied qui désarma le premier brigand, il se baissa, évita            nt ainsi le couteau du second, et fracassa la rotule du troisième d’un coup de talon vicieux, en se relevant, il élimina d’un formidable coup de boule celui qui avait tenté de l’embrocher.

    Une chose est sûre c’est qu’en ville, on ne risque rien, la milice fait bien son boulot.

Le guerrier reprit sa marche. Kélus restait bouche bée,  la plume en suspend.

    Alors, tu viens mon petit ?

 

Ils étaient dans les faubourgs de Belianthe. Kélus avait reprit ses esprits et il demanda au guerrier, la voix légèrement chevrotante :

    Je suis tout de même étonné que vous n’ayez aucun arme sur vous.

    En  fait, ça ne se voit pas mais je suis arm…

Tout à coup, plus de Zordar. Une bouche d’égout était ouverte et, absorbé par la conversation, le guerrier était tombé droit dedans.

Kelus se pencha au bord du trou. Un vrai trou noir d’où se dégageaient des effluves innommables.

    M’sieur Zordar ! Hou, hou !

Soudain, un immense vers aux anneaux violacés surgit de la bouche d’égout. Il tenait Zordar dans sa gueule et le secouait comme une salade que l’on essore. Zordar marmonna quelque chose que Kelus ne compris pas et une épée étincelante apparu dans la main du guerrier. Zordar découpa le vers comme un saucisson apéritif, retomba au sol et s’épousseta.

    Allez, on y va parce qu’avec tout ça, on n’est pas en avance !

Kélus était à quatre pattes en train de chercher sa plume qu’il avait jetée dans l’affolement. Il n’en retrouva que des morceaux baignant dans les humeurs nauséabondes des restes du vers géant. Il poussa un gros soupir.

      — Tu as perdu quelque chose, mon petit ?

    Ma plume, mais je crois que j’en ai une autre.

Effectivement, l’entrevue était sauvée. Trottinant derrière Zordar, Kelus posa une nouvelle fois la question :

    Mais ça…ce vers, c’était l’aventure non ?

    Alors là, pas du tout ! C’était juste un problème d’égout mal entretenu. Il faudra d’ailleurs que je le signale au gouverneur Nulthax.

 

 C’est d’un repas frugal (un morceau de fromage et une tranche de pain) qu’ils déjeunèrent en vitesse alors que les plaines situées au sud de Belianthe s’étendaient à leurs pieds. Ils devaient en traverser une partie pour atteindre leur destination : le bois de Guilledou.

   Kélus n’avait pas beaucoup avancé dans son article notamment parce qu’il était tombé à l’eau en traversant une rivière et que son parchemin ressemblait à un torchon douteux. Juste après, ils avaient failli se faire décapiter par une énorme massue, qu’un géant avait lancé par erreur juste au-dessus de leurs têtes, en visant un de ses congénères qui le provoquait non loin. Les deux monstres se disputaient une femelle édentée et sale comme un troupeau de truies. Evidemment, pour Zordar ce n’était pas non plus une aventure mais une simple histoire d’hormones.

  Aidé par un chaud soleil, le parchemin avait séché, Kélus revivait.

Ils apercevaient les premières frondaisons du bois, quand une vingtaine de centaures surgirent devant eux en hurlant. Les hybrides se jetèrent sur une troupe d’orques qui débouchait d’une ravine au petit trot. Leur route était désormais coupée par une bataille féroce et tumultueuse. Zordar ne s’arrêta pas pour autant et, suivit comme son ombre par le jeune pigiste, il traversa la mêlée non sans distribuer au passage quelques coups d’épée bien sentis aux orques. Kélus pleurait de trouille mais il avançait vaille que vaille. Il fut soulagé quand, enfin, ils furent à l’abri dans la forêt.

    Quelle aventure, cette fois, m’sieur Zordar, n’est ce pas ?

Le journaliste souriait de toutes ses dents, il le tenait son article !

    Tu veux parler des orques ? Ils sont si prévisibles ces pauvres crétins. Sans me vanter, je crois que je pourrais les combattre en dormant.

La plume de Kébus était totalement en berne. Il préféra d’ailleurs ranger tout son attirail, devenu désormais inutile. Abattu et confus il suivait Zordar comme un automate. C’est pourquoi il sursauta lorsque le guerrier s’écria :

    Voilà ! Voilà l’aventure !

Kélus ne comprenait rien. Zordar lui désignait le pied d’un arbre. Il s’approcha mais le guerrier lui masquait la vue. Zordar s’agitait, une dague à la main. Un serpent ?  Un lapin mutant ? Qu’est ce que…

    Regarde mon petit ! C’est ça l’aventure !

D’un air triomphant, Zordar lui flanqua sous le nez un gros champignon verdâtre.

— Ca c’est l’inconnu ! Ce matin, Lipposuccia m’a demandé d’aller chercher des champignons pour faire une omelette et le fait est que j’y connais que dalle. Alors c’est vraiment le hasard qui va faire que ce soir, si tout le monde meurt, je vais me faire sacrément engueuler ! Alors…tu ne l’écris pas ton article ?

 

 

Présentation

Couvzordar1



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Le début d’une saga hilarante d’heroïc fantaisiste prévue en 10 volumes. Imaginez un dieu sympa mais pas très doué qui crée Aquilonia, un monde en forme de part de pizza où s'ébattent toutes sortes de créatures : orques, elfes, nains, belettes à dents de sabre, trolls, humains, dragons, krakens hydrophobes... Autant dire que tout le monde ne s'entend pas comme larrons en foire. Au milieu de ce foutoir, un jeune guerrier impulsif, entouré de quelques amis essaie de sortir son épingle du jeu dans des aventures loufoques et rocambolesques. Lecteurs trop sérieux ou femmes trop liftées, passez votre chemin.

Les trois premiers tomes sont disponibles TELECHARGER LES LIVRES.

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